La famille Lartigue

VI. Noble Pierre de Lartigue, seigneur d'Eûs, terre située entre Mézin et Condom, est appelé communément, mais à tort, Lartigue-Dieu par les chroniqueurs (Scipion Du Pleix, p. 31J). Il fut un des grands capitaines de son siècle. Ayant commencé à porter les armes sous Charles de Lartigue, vice-amiral, son cousin, il servit ensuite sur terre et commanda 500 hommes de la Gascogne. Il aida à la conquête de Savoye, en 1550; fut renvoyé dans cette contrée par l'amiral Chabot, en 1556; chargé avec son frère, par le maréchal d'Humières, en 1557, de la garde de Turin, capitale du Piémont, il fut ensuite envoyé, par le même seigneur, avec Jules des Ursins et Pierre Strozzi, depuis maréchal de France, pour garder la ville d'Albe, en Italie. Pierre de Lartigue fut du nombre des seigneurs qui composaient avec leurs compagnies, sous M. le Dauphin, l'armée du comte de Buzançois, et conduisit sa troupe sous ses enseignes; il servit ensuite dans l'armée de ce prince, commandée par le grand maître de Montmorency; contribua à forcer le pas de Suze, où il commandait l'aile gauche de l'armée avec le capitaine Rat de Forces, de la province de Gascogne. Dans cette circonstance, Pierre de Lartigue sauta le premier au-dessus du bastion gauche, qui était le plus fortifié de la place, et pénétra dans la ville avec son lieutenant et le capitaine Gavarret. Celle action d'éclat eut d'autant plus de retentissement, que les généraux de l'armée commençaient à désespérer d'entrer en Italie. Lartigue d'Eûs s'était signalé dans d'autres rencontres; au combat de Favanel, il fut blessé d'un coup de pique et d'une arquebusade à la cuisse. Le roi François Ier l'estimait beaucoup, et comme il était fort brun de visage, il ne l'appelait jamais que son Maureau. L'Italie ne fut pas le seul théatre sur lequel Pierre de Lartigue se distingua. Le roi Henri II l'ayant envoyé à Metz avec sa compagnie, il contribua au siége et à la prise de cette ville, et à en faire lever le siége aux impériaux. Il se trouva encore à la bataille de Renti, que le duc de Guise gagna sur les ennemis, en 1555. Henri II ayant fait la paix avec l'Espagne en 1558, et étant mort l'année suivante, après avoir comblé de bienfaits Pierre de Lartigue, celui-ci, criblé de blessures et avancé en âge, quitta le service pour se retirer en Gascogne. Il mourut en 1579, âgé d'environ 98 ans. Après avoir quitté le service, il avait été nommé premier consul de Mézin , en 1560. Pierre de Lartigue, auquel le Père Anselme attribue pour femme Marthe d'Obnezan, et qu'il nomme lui-même Lartiguedieu, laissa, selon Moreri, de son mariage avec N... d'Estignols, d'une famille noble et ancienne de la Navarre, six filles et deux garçons. Nous ne connaissons que les noms suivants [Mémoires de De Serres, Du Bellat, Montluc, Amelot De La Houssaye, etc.) :

1° Guy, dont l'article suit;

2° Antoine de Lartigue, capitaine d'infanterie dans le régiment de Mauvezin, mort sans alliance, appelé sire Antoine de Lartiga, dans les registres de jurades de Mézin, fut élu premier consul de cette ville en 1579 et 1583. Il prêta serment comme jurat le 1er janvier 1599.

3° Demoiselle Bertrande de Lartigue, mariée à Jean du Broca.

Noble Guy, ou Guyrun De Lartigue, Ier du nom, écuyer, embrassa la carrière du commerce après la mort de son père, qui ne lui avait laisse aucuns biens. Il fut nommé six fois jurat et quatre fois consul de Mézin, épousa la fille d'un riche marchand, et en eut deux fils et sept filles, savoir :

1° Guy, dont l'article suivra ;

2° Noble Samson de Lartigue, présumé le second fils de Guy, ou Guyron, a formé le rameau De Francescas, dont nous allons donner la filiation. Il vivait à Mézin en 1595, et y possédait une maison appelée au Barbenc. Il eut pour fils :

Noble Pierre de Lartigue, le premier qui s'établit à Francescas, se maria vers 1630 avec Jeanne Du Broca, demoiselle, fille de Jean du Broca, homme d'armes, laquelle testa le 23 juillet 1662, devant Guilhauma, notaire royal d'Autiéges, en la sénéchaussée d'Albret, et nomma ses enfants dans l'ordre suivant :

a. Pierre de Lartigue, marié à Catherine De Rabezies, dont il eut deux fils et une fille :

I. Daniel de Lartigue, >

II. Jacques de Lartigue, > morts sans postérité.

III. Jeanne de Lartigue,  épouse de Montesquieu ,et le domaine de Lartigue à Martillac , actuellement dans la même famille depuis 85 ans.

b. Noble Jean de Lartigue épousa, le 15 février 1654, Marie Milhade, demoiselle, dont :

I. Noble Joseph de Lartigue, né en 1657, consul de Francescas en 1703, 1704 et 1717, épousa demoiselle Catherine Du VERGIER, et testa le 19 avril 1732, nommant ses enfants dans l'ordre ci-après. Il mourut le 16 décembre 1732.

1er Noble Jacques de Lartigue, né en 1693, épousa, le 31 octobre 1719, demoiselle Marguerite Miqueau, fille de sieur Jacques Miqueau et de Charlotte Capot. Il mourut le 10 février 1731, et laissa pour fils unique :
Noble Jacques de Lartigue, écuyer, conseiller du Roi, juge royal civil et criminel de la ville et juridiction de Francescas, en Condomois, par nomination du 29 octobre 1767, naquit le 9 septembre 1727. Il épousa, le 23 septembre 1750, demoiselle Marie De Rey De Cliquet, fille de Jean-François de Rey, sieur de Cluquet, et de demoiselle Marie-Anne de Lafitte. Le 6 septembre 1758, Jacques de Lartigue obtint de M. de Moncroc de Laval, lieutenant des maréchaux de France, un certificat constatant qu'il était en droit de jouir du privilège de port d'armes, en vertu de l'ancienneté et de la situation militaire de sa famille. Il fit faire une enquête le 13 août 1767, pour établir que les différentes branches de sa famille étaient nobles d'ancienne extraction, et que la sienne était tombée dans la pauvreté depuis environ quatre-vingts ans, et avait dérogé à la noblesse. Cette enquête eut lieu devant Menaud de Bazignan, écuyer, conseiller du Roi et son juge civil et criminel au siége de la ville et juridiction royale de Francescas, et eut pour déposants noble Joseph de Monbet du Négre, habitant de Montesquieu, et sieur Jean Séheutz, vivant noblement; il en résulta les faits allégués par Jacques de Lartigue, et, de plus, que sa branche était collatérale de celles du Petit Goalard et d'Aignestoux. Jacques de Lartigu fut premier consul de Francescas (il fallait étre gentilhomme pour occuper cette charge) pendant les années 1762 à 1767. Il testa le 5 mai 1779, et mourut le 24 octobre de la même année à l'âge d'environ 55 ans; dame Marie de Rey, son épouse, lui survécut jusqu'au jour de la Pentecôte 1800. De leur mariage étaient provenus :
Noble Jacques de Lartigue, avocat en Parlement, né le Ier novembre 1753, succéda à son père dans la charge de conseiller du Roi, juge royal, civil et criminel de la ville et juridiction de Francescas. Il épousa, en janvier 1780. demoiselle Marie-Anne du Cos De Saint-Barthélemy, née à Francescas le 7 août 1750, fille de messire Jean-François du Cos, seigneur de la maison noble de Saint-Barthélemy, et de noble Louise-Candide de Cambon. Jacques de Lartiguie est décédé le 30 mars 1835, laissant de sa femme, morte le 4 juillet 1834, pour fille unique :
a) Demoiselle Marie-Joséphine de Lartigue, née le 17 octobre 1780, mariée, le 18 novembre 1800, à noble Joseph Bonaventure de Bourrousse de La Fore, écuyer.

b) Suzanne de Lartigue, épouse de Jean Fraysse;

c) Raphaël de Lartigue, né le 15 février 1758, prêtre et curé de Saint-Cirice et de Gardère, mort le 4 août 1834;

d) Marie-Anne-Clotilde de Lartigue, mariée, le 4 novembre 1782, à messire Jean-François de Labat de Civrac, écuyer, fils de messire N... de Labat de Civrac, écuyer, et de noble Marie des Monges. Elle mourut à Jouet, le 7 novembre 1788.

e) Françoise-Félétone de Lartigue, née en 1704, et morte sans alliance le 25 février 1785, après avoir testé le 12 octobre 1784;

f)Frix-Victor de Lartigue, officier de marine, mort sur mer, sans alliance ;

g) Jacques-Maurice de Lartigue, né le 21 septembre 1766, était au service en 1785. Il se maria en Amérique, dans l'île de Saint-Domingue, où il possédait une habitation importante, avec une demoiselle De Raucourt, et fut massacré avec un de ses fils pendant la Révolution, lors de la révolte des Négres. On croit que sa femme et un de ses fils échappèrent au massacre, mais on ignore ce qu'ils sont devenus.

2ième Pierre de Lartigue, né le 2 octobre 1700, épousa, par contrat du 12 juillet 1735, passé devant Lambert, notaire royal de l'île de la Guadeloupe, noble Marie-Elisabeth Picou De L'Isle, née à la Pointe à-Pitre, fille de feu noble Antoine Picou de L'Isle, et sœur de messire François-Nicolas Picou de L'Isle. N'ayant point d'enfants, il testa le 20 février 1761, et légua son immense fortune à Charles-Pierre de Brageloire, écuyer, sieur de Boisripeaux, son cousin.

3ième Jacques de Lartigue, né le 5 novembre 1702, inspecteur général de la chirurgie de l'Ile de la Martinique, par brevet du roi Louis XV, enregistré au Conseil souverain de la Martinique le 3 mai 1768, épousa, le 13 mai 1725, Marie-Anne Le Gros, laquelle testa le 26 mars 1776. Jacques de Lartigue testa lui-même le 18 décembre 1768, et mourut sans enfants à la Martinique.

II. Demoiselle Jeanne de Lartigue, morte sans alliance le 26 janvier 1728.
3ième Bertrande de Lartigue, mariée à Jean de La Fite, de Mézin, où ils vivaient en 1595;
4ième Bertrande I de Lartigue, épouse de Jean de Carrère, écuyer, deuxième consul de Mézin en 107

5ième Beetrande III de Larrigue, alliée à Jean du Blanc, de Mézin, nommée dame trésorière de Notre-Dame de Mézin pour l'année 1599