bastide francescas

Cliquez ici et trouvez un hôtel, un gîte ou un restaurant à votre convenance

Vicnau - Vigneau - Vigneaux - 32100 (Gers, Condom)

Le hameau Vicnau

Un peu d'histoire

En 1279, les serments sont prêtés pour "l'affaire" (affar) de Vicnau et ses dépendances par le chevalier Galabrun de Ligardes et par le seigneur Arnaud de Vicnau.
Dans l'hommage de 14 novembre 1286, Galabrun de Ligardes est toujours seigneur, assisté cette fois de Pierre de Vicnau, damoisseau, et le fief désigné est un "campinasum". Les acaptes sont très rustiques: un baril de vin, quatre chapon, six fougasses.
Galabrun, peut-être originaire de Ligardes qui est situé un peu plus au nord, parait posséder bien d'autres terres en 1271; il temoigne volontiers dans divers actes notariés de la région, et sa caution est recherchée: c'est un personnage ay rayonnement locale indéniable. ses bien autour de Vicnau ont du être étendus: il existe un lieu-dit Ligardes au nord-est de Cannes.
Mais la suite des hommages reçus par Edouard Ier fait apparaître le 16 novembre 1286 à côté de Pierre Vicnau, Bernard de Villat pour les mêmes terres que Galabrun: Gauran et Vicnau, alors qu'en 1259 il avait fait hommage pour le seul Gauran. Berbard de Villar est de la parentèle de Pons d'Andiran, cela indique un échelon élevé dans la hiérarchie segneuriale.
Les seigneurs de Cannes, Vicnau, Lasserre ont eu fortunes diverses. Un aménagement se fait au profit de l'une de ces familles, appuyée sur la terre allodiale dee siècle, Lasserre, terre qui après les enquêtes du début du XIVe siècle rentrera en la main du roi. Cette famille participe peu à peu, et de plus en plus, aux remises de fiefs: Lialores et Pouy-sur-l'Osse surtout.
C'est à l'intérieur de limites étroites que se font les mutations, les regroupements ne présentent pas de continuité géographique, Vicnau, petite seugnerie jusque-là indépendante, entre désormais dans le fiefs de galabrun de Ligardes, qui ne sont pas d'un seul tenant. la carte des seigneuries s'est modifiée, mais elle ne s'est pas sensiblement simplifiée.

L'existence de la paroisse de Vicnau est prouvée depuis le XIe siècle jusqu'à la fin du XVIIIe, ainsi que le démontrent les titrés qui ont été analysés et les livres paroissiaux, déposés aujourd'hui au greffe du tribunal civil de Condom conformément aux dispositions du décret des 20-25 septembre 1792. Elle était située dans le territoire condomois, avec une population de 400 âmes environ, et était bornée au nord par la paroisse de Saint-Sericy, au couchant par celle de Lialores, au midi par celle de Sainte-Eulalie et au levant par celle de Gazaupouy. Elle n'a jamais été chef-lieu de juridiction et ne peut dès lors avoir d'histoire civile ou politique proprement dite, puisqu'elle ne jouissait d'aucune initiative personnelle au point de vue de l'administration municipale. Elle faisait partie de la généralité de Bordeaux , élection de Condom, et formait avec plusieurs autres paroisses rurales le ressort de cette dernière ville .

Les documents relatifs a l'existence d'une ecole publique dans la paroisse de Vicnau nous manquent absolument. Ce qu'il y a de certain, d'apres la tradition et d'apres des temoins encore vivants, c'est qu'avant la révolution, les curés y faisaient regulièrement l'école et donnaient a une quinzaine d'enfants les premiers elements de l'écriture, de la lecture et du calcul.
Le prêtre n'exigeait aucune retribution pour ce surcroit de travail; mais les parents assez aises pour pouvoir indemniser de ses peines lui donnaient un sac de ble pour tous les élès d'une même famille, quel que fut leur nombre.
Tel était l'état de I'instruction primaire dans cette pauvre paroisse, perdue au milieu des bois et éloignée de tout centre intellectuel, par suite du mauvais état des chemins et de la difficulté des communications. Il est cependant permis de supposer qu'alors, comme aujourd'hui, quelques pères de famille envoyaient leurs enfants a Condom, ou ils pouvaient recevoir une education plus complète et plus variée.

Le hameau Vicnau

Guide de Route 1830
On étoie, en la descendant, la rive gauche du Gers, durant une lieue, jusqu'à l'embranchement de la route des Pyrénées centrales. Celle que nous suivons est belle; mais le vallon du Gers est toujours sans intérêt, ainsi que les collines qui le bordent à l'ouest. Celles qui le bordent du colé opposé sont plus hautes, plus escarpées et non moins infertiles. Un argile grisâtre forme le sol des unes et des autres ; on gravit celles que l'on a côtoyées jusque-là , pour arriver à Vicnau, ferme dépendant d'un village voisin et située sur la croupe où est placée, depuis un temps immémorial , la poste aux chevaux(Relais de poste de Bayonne à Toulouse. par Mirance). On a encore l'aspect des Pyrénées du haut de cette croupe. Elle domine, la contrée environnante, d'une assez grande hauteur, qui n'est pourtant pas de plus de six cents mètres audessus du niveau de la mer. Le point de vue le plus favorable est près de l'église de Vicnau. Le produit ordinaire de cette argileuse colline est de trois à quatre pour un; il s'élève de neuf à dix dans les terres du maître de poste, au moyen de ses engrais. Vers le milieu de la distance suivante, on traverse la Baïse-Devant , un des affluens de la Baïse, et immédiatement après, dans le tout petit village deTroncens, un chemin vicinal qui conduit de Lannemesan à Condom.

Histoire de la paroisse.

L'église de Vicnau

L'origine de l'église paroissiale de Vicnau nous est inconnue; nous pouvons dire sans crainte d'erreur qu'elle se perd dans la nuit des temps. Son nom de Vicus novus, en patois Bignau, nous revele une origine gallo-romaine. Chacun sait que vicus signiffait d'abord une rue, un quartier. Plus tard, on donna ce nom aux villages et bourgs, ainsi qu'aux maisons de campagne qui se trouvaient jointes les unes aux autres sur les grandes routes, en sorte qu'étant baties des deux côtes du chemin, elles formaient une rue semblable à celles des villes. Au moment de l'invasion romaine dans les Gaules, les diverses races qui occupaient ce pays se caracterisaient par leurs dialectes parliculiers, mais le fond de leur langue était celtique ou ibère, et c'est seulement à la suite de la conquète romaine que des noms latins furent donnes aux agglomérations dejà existantes ou qui se formèrent plus tard.
Quoi qu'il en soit de sa date d'origine l'existence de l'église de Vicnau est prouvée à travers les siècles, par une série de documents que nous croyons devoir indiquer. Le titre le plus ancien qu'il nous ait été donne de consulter au sujet de cette église a éte une copie de la fondation de la ville et cure de Condom extraicte d'un ancien carlulaire 57 feuilles de parchemin et en lettres gothiques écrites à la main, trouvé dans les archives du chapitre de léglise cathédrale de Condom, appele Livre rouge et depuis Livre blanc.
Nous y trouvons ce qui suit, dans Renumeration des églises qui, en 1076, relevaient de l'abbaye de Saint-Pierre : De ecclesia de Bignaou; est et quedam ecclesia quoe dicitur Bignaou etcultura una quam possidet bealus Petrus. Le meme circulaire nous apprend en outre que Raymond Bernard de Vicnau eut un fils nommé Raymond, qui fut voué au service divin et servira comme religieux à l'abbaye de Condom, le jour de la fête de tous les saints, en presence du prieur Bertrand.

La croix de Vicnau

Raymond-Bernard donna en dot a son fils la moitié d'une pièce de terre qu'il possedait au lieu de Laplaigne, et une double rente annuelle de six deniers que Guillaume Raymond Loripede et Garsioth de Laplaigne etaient tenus de lui payer.
Cette donation fut faite en présence de Pierre, frère de Raymond de Vicnau, du chapelain du monastère, de Lambert, aumônier, et de plusieurs autres temoins dont il serait, dit le cartulaire, fastidieux de rappeler les noms. Il y etait stipulé que, si quelqu'un des frères de Raymond voulait jamais rentrer en possession de la terre et de la rente cedées, il serait tenu de payer a l'abbé de Condom 1O sols morlaas ou 1OO sols agenais.
Le 8 Janvier 1315, les habitants de Vicnau et des autres paroisses relevant de la juridiction de Condom furent obliges de s'imposer envers Raymond de Galard, abbé de Condom, le paiement d'une somme de 5 deniers morlaas, pour droits sur le vin vendu par eux à la taverne condomoise.
Janvier 1604, par Gaillard de Lacapère, greffier héréditaire des institutions écclesiastiques, designe I'église
Saint-Pierre de Vicnau comme étant, avec son annexe Saint-Martin d'Ostelhes ou de Plieux, une cure de l'archiprêtre de Condom. Enfin, l'etat des conferences et congrégations ordonnées au synode tenue le 16 juin 1671, conformement aux ordonnances de Bossuet, porte que le curé de Vicnau faisait partie de la quatrieme conference qui se reunissait le 4e jeudi de chaque mois a Moncrabeau.
L'existence de la paroisse de Vicnau est done prouvée depuis le XI' siècle jusqu'a la fin du XVIIe ainsi que le demontrent les livres que nous avons analyses et les livres paroissiau, deposes aujourd'hui au greffe du tribunal civil de Condom conformement aux dispositions du decret des 20-25 septembre 1792. Elle etait située dans le territoire condomois, avec une population de 400 Ames environ, et etait bornée au nord
par la paroisse de Saint-Sericy, au couchant par celle de Lialores, au midi par celle de Sainte-Eulalie et au levant par celle de Gazaupouy. Elle n'a jamais ete chef-lieu de juridiction et ne peut des lors avoir d'histoire civile ou politique proprement dite, puisqu'elle ne jouissait d'aucune initiative personnelle au point de vue de l'administration municipale. Elle faisait partie de la generalite de Bordeaux, éléction de Condom, et formait avec plusieurs autres paroisses rurales le ressort de cette dernière ville.

L'église de Vicnau

Les curés

Le nom de Vicnau dérive, ainsi que nous l'avons déjà dit, de vicus novus (bourg neuf), et c'est sous ce nom que les titres latins dont nous avons parcouru le texte la désignent.
La série des prêtres qui ont administré la paroisse de Vicnau ne peut, d'après les registres de l'église, remonter qu'à l'année 1668.
Nous la donnerons telle que nous la trouvons établie dans ces documents, en y ajoutant leurs prédécesseurs dont nous avons relevé les noms dans des titres plus anciens.
Le premier en date est Bernard ARLABOSSE,bachelier en théologie, qui administra' successivement les paroisses de Vicnau et de Baulens. C'est probablement lui qui fut chargé par Jean Marre, èvêque de Condom, d'accomplir quelqu'une de ses oeuvres de charité dont le souvenir est parvenu jusqu'à nous. Nous savons, en effet, que ce grand prélat publia, le 11 janvier 1519, des ordonnances dont lepromoteurLagutère,dans son manuscrit, affirme avoir vu un fragment et en vertu desquelles un prêtre nommé Arlabosse devait s'enquérir de l'état de toutes les filles pauvres et infirmes âgées de plus de vingt-deux ans. Des secours en argent et en vêtements leur étaient distribués dans tous les lieux où l'évêque percevait des dîmes. Or, Vicnau était du nombre des paroisses dont Jean Marre était gros décimateur, et nous nous plaisons à croire que ses bienfaits s'étendirent jusqu'à nos pères.
Bernard Arlabosse fit le 15 décembre 1559, en présence de Jacques Pourret, qui s'intitule « notaire du nombre de la » réduclion par l'authorité de Mgr l'évêque comme co-seigneur de Condom en paréage avec le Roy, un testament public aux termes duquel il affectait 500 livres à la réparation de l'église de Vicnau et à l'entretien de son luminaire. Il laissa également 5 livres pour l'entretien du luminaire de son annexe de Saint-Martin de Plieux,plus dix livres de capital destinées à produire une rente annuelle de 1 franc bordelais au profit de ses successeurs, avec incorporation perpétuelle aux rentes et aux revenus de la rectorerie de Vicnau. Le testateur disposait, en outre, d'une autre somme de 500 livres qui devait être partagée dans des proportions déterminées entre le chapitre de la cathédrale, les couvents des frères Prêcheurs, des Carmes, des frères Mineurs et des Clarisses de Condom, les prêtres séculiers chargés des obits dans l'église de Saint Nicolas, et les hôpitaux de Teste, du pont de La Bouquerie et du Pradeau.
Bernard Arlabosse mourut bientôt après, dans la ville de Condom qu'il habitait, et fut inhumé dans la chapelle des frères Prêcheurs, devant l'autel de saint Pierre martyr et de saint Yves, « où estait, » dit-il, «la sépulture de ses maieurs et encestres. » Le cadastre de Condom en date de 1556 révèle l'existence de PEY CABEILH, comme successeur de Bernard Arlabosse, au chapitre de «Faliurament» «de la recloria de Bignaou.
» Il fut avec Arnaud Duberos, curé de Lialores, Pun des témoins qui assistèrent à la rédaction du testament de son prédécesseur.
Après Pey Cabeilh vint JEAN DARTIGUES, qui assista le 29 mai 1537, comme témoin, à la transaction passée entre Guillaume et Jehannot de Nagelles frères, d'une part, noble Bertrand de Peyregaing et Jeanne de Belmontet son épouse, et noble Jehan de Bezolles, d'autre part, relativement à certains droits que chacun d'eux prétendait avoir sur la maison noble de Plieux.
GABRIELCASSAIGNE, curé de Vicnau en 1559, fut un des témoins du testament plus haut mentionné de Bernard Arlabosse. C'est dans l'année de sa nomination que Mongomery entra à Condom le 27 novembre et y passa deux mois, pendant lesquels il pilla les églises des Cordeliers, des Jacobins, des Carmes, des Dominicains et des Clarisses.
Il étendit ses ravages jusqu'à Larroumieu, mais rien ne prouve que l'église de Vicnau ait été l'objet de ses déprédations.
Il fallait aux huguenots des butins trop considérables pour qu'ils pussent espérer de les trouver dans une pauvre église rurale.
HENRI NICOLAS vivait en 1614, d'après les registres paroissiaux de Lialores et de Sainte-Raffiné son annexe, et partageait dès 1610 les charges paroissiales avec un vicaire nommé Jean Larrieu.
BERTRAND DAUNASSANS signa, le 25 avril 1622, l'acte constatant le décès de noble Jean-Pierre du Goût, seigneur de La Roque Sàint-Agnan, survenu dans sa paroisse au château de Beauregard. C'est pendant que Bertrand Daunassans administrait la paroisse de Vicnau que la peste, qui déjà en 1607 et en 1629 avait exercé ses ravages sur la ville de Condom, y reparut vers l'a fin du mois de juin 1652. Elle s'y localisa, et tous les habitants qui purent se retirer à la campagne suivirent l'exemple de l'évêque Antoine du Chemin de Cous, qui habitait le château de Cassagne. Les consuls, les jurats et les membres de la cour présidiale fuirent aussi la contagion, ainsi que le prouve un procès-verbal du 7 août 1652 portant notification aux absents d'une décision du conseil de santé et constatant que M. de Royer, conseiller, était à La Salle de Vignau, Dauguin, jurât, à Gazaupouy, M. de Chambélier, consul, à Lialores, M. de Latournerie, médecin, au Bedat, et M. de Bégué, avocat du roi, à la tour de Plieux.

Cette émigration des principaux habitants de Condom dans la paroisse de Vicnau et dans les juridictions voisines de celle-ci semble indiquer, à défaut d'autres documents, qu'elle fut à l'abri du terrible fléau.
FRIX DUFAU, curé dès 1654, requit, le 5 septembre 1645, de Jean Barrère, notaire de Condom et gardien des minutes de Jacques Pourcet, l'un de ses prédécesseurs, une copie en forme du testament de Bernard Arlabosse. Jean Bégué lui servit de vicaire de 1644 à 1648.
Le nom de JEANDAUNASSANS,curé de Vicnau, est inscrit dès le 2 avril 1652 sur les registres paroissiaux de Lialores.
Il gérait depuis un an à peine sa paroisse, lorsqu'une peste plus violente que les précédentes s'abattit sur Condom. Il en résulta une si profonde misère qu'une taxe fut établie par les consuls sur tous les ;habitants privilégiés ou non privilégiés de la ville et de la juridiction pour le soulagement des pauvres, dont les curésdurent faire le recensement Jean Daunassans assista, le 10 septembre 1671, à la vérification des reliques de saint Antoine dé Lialores, ordonnée par Bossuet, et il signa le procès-verbal qui en fait foi avec Bernard de Bressoles, chanoine théologal, archidiacre et vicaire général du diocèse, François Dutour, curé de Lialores, Pierre Dutour, ancien curé de la même paroisse, Jean Colonies et Joseph Bézian, prêtres, le P. Patrice, gardien des capucins de Nérac, Jean Lagutère, promoteur du diocèse, Charles Durègne, curé d'Alon, Jean du Sage, successeur de Sainte-Raffiné, Biaise de Salles, successeur de la Maurague.
Jean Bégué était fils de Pierre Bégué, procureur du roi Henri IV et de la duchesse Catherine d'Albret au siège présidial de Condom, et de Marie de Champrand.
Le curé de Vicnau mourut à Condom le 15 juillet 1686 et fut, selon ses dernières volontés, enseveli dans la chapelle de Saint-Joseph de son église paroissiale.
PHILIPPEGUILLEMAUDY-LAHERROUZEmet son nom sur les livres de catholicité pour la première fois le 24 juin 1686, mais il ne reste pas longtemps à la tête de la paroisse, puisque dès le 8 mars 1687 il est remplacé par CHARLES Ducos, qui ne posséda lui-même la cure de Vicnau que jusqu'au mois de juin 1689.
BERNARD CARRÈRE, docteur en théologie, succéda, le 12 juin 1689, à Charles Ducos. Le cadastre de 1755 nous apprend que par actes des 25 octobre 1694, 6 avril 1696, 18 novembre 1697 et.6 août 1698 passés devant Lafitte, Richeaume et Dubouch notaires, il avait acheté dans la paroisse de Vicnau une maison et un jardin, d'une contenance totale de cinq cartelades deux cartons, qu'il 'laissa à ses héritiers naturels. Bernard Carrère eut quelque temps pour vicaire son neveu Raymond Carrère, qui fut en 1720 témoin d'un contrat d'obligation consenti par dame Marie-Andrée de Larue, épouse séparée de biens de noble Jean Derenx, écuyer, sieur de Mothes, et André et François de Saint-Germé d'Arcouques, seigneur d'Eslrepouy, en faveur de Jean du Goût.
JEAN DUBERNET, docteur en théologie, né à Condom, exerça d'abord le saint ministère à Caumont et à Moncassin et fut en 1725 pourvu de la cure de Vicnau, dont il resta titulaire jusqu'à son décès. Ce prêtre fut le premier qui établit effectivement sa résidence au milieu de son troupeau, en abandonnant l'habitude prise par ses prédécesseurs d'habiter la ville de Condom. Il est juste d'ajouter que ceux-ci étaient obligé d'agir de la sorte, la paroisse ne possédant pas de presbytère affecté à leur demeure. Nous en avons la preuve dans une requête adressée, le 24 avril 1754, au sénéchal de Gascogne par Jean Delanes, chapelain de Condom,
d'après laquelle il réclamait aux héritiers de Jean Dubernet la somme de 52 livres, pour prix de la dernière année de location d'une maison lui appartenant et qui depuis plus de trente ans servait de logement au curé.
Jean Dubernet fit,le ler juin, un testament solennel, aux termes duquel il laissait son hérédité à Louise Bégué-Plieux, sa petite-nièce, et priait Bernard Lozes, curé de Francescas, d'être son exécuteur testamentaire. Il y était stipulé que le lendemain de son décès on distribuerait aux pauvres de Vicnau et de Saint Martin-de-Plieux un sac de pain ou l'équivalent en argent, et il affecta la somme de 50 livres à l'achat d'un tabernacle et de six chandeliers dorés destinés à l'ornementation du maître-autel de son église paroissiale (2). Le 2 juin de la môme année, il dressa un état de ses biens meubles et immeubles, puis il décéda à Vicnau, le 1er février 1754 et fut, selon son voeu, inhumé au pied de la croix du cimetière « dans un «appareil très modeste, ne voulant pour sa sépulture que » treize cierges de demi-quart chacun.
JOSEPH DROUILLARD remplaça Jean Dubernet, son oncle, dès les premiers mois de l'année 1754 et il était encore curé de Vicnau le 28 novembre 1780, puisqu'à cette date il bénit dans son église le mariage de Marie Drouillard, sa nièce, avec noble Joseph Marion de Lanauze, de Laparre, dans la juridiction d'Aubiac. Pierre Pelauque, qui devait être son (1) Jean Delanes avait un frère qui, en 1754, était curé de Tressens.
(2) Ce tabernacle, quoique hors d'usage, est encore à Vicnau, demême que les six chandeliers en bois doré qui ornent l'autel de la chapelle actuelle de la SleVierge.
(3) Jean Dubernetavait un frère nomméJean, commelui, qui fut curé de Baulens et de St-Eulrope-de-Bax.jusqu'au 22 mars 1744,date de son décès. Parmi les vicairesdu curé de Vicnau, on trouve son dernier successeur, lui servit de vicaire pendant les deux dernières années de son ministère.
PIERRE PELAUQUE,né à Condom, fut nommé curé de Vicnau aussitôt après la mort de Joseph Drouillard et prit possession de sa paroisse le 1er janvier 1780.
Il l'administrait depuis près de neuf ans, lorsqu'une lettre de Louis XVI, en date du 24 janvier 1789, relative à la convocation des Etats Généraux du royaume, fut publiée et enregistrée à Condom, le 11 février suivant, par ordre de M. de Latournerie, conseiller du roi, président présidial et lieutenant général civil en la grande sénéchaussée de Gascogne.
L'évêque de Condom, les abbés séculiers et réguliers, les chapitres, corps et communautés ecclésiastiques rentes, séculiers ou réguliers, des deux sexes, les prieurs et les curés devaient, à la requête de M. de La chapelle, procureur du roi, être assignés par un huissier au chef-lieu de leurs bénéfices.
Les chapitres et communautés ecclésiastiques furent tenus de se faire représenter par des députés de l'ordre du clergé dans la proportion déterminée par les articles 10 et 11 du règlement royal, tandis que les bénéficiers comparaîtraient en personne ou par des procureurs de leur ordre. Défense était
faite aux curés demeurant à plus de deux lieues de Condom de se rendre personnellement à la convocation s'ils n'étaient assistés dans le service paroissial d'un vicaire obligé de les remplacer pendant leur absence. Tous les autres ecclésiastiques engagés dans les ordres devaient comparaître le 9 mars, à huit heures du matin,devant le lieutenant général civil. M. Pelauque se conforma aux injonctions de la justice, et le dimanche suivant les habitants de saparoisse entendirent, au prône dela messe, la lecture des lettres et ordonnances, dont un exemplaire imprimé fut affiché à la porte de l'église. Le curé de Vicnau se réunit à l'ordre du clergé dont le vote appela aux Etats M. Laborde, curé de Corneillan.
Le 20 novembre 1789, notre église fut témoin d'une cérémonie militaire à laquelle elle n'était pas habituée. MM. Moliné, de Beauregard et Pugens-Labéziade, consuls deCondom, se rendirent ce jour-là à Vicnau, revêtus de leurs chaperons et précédés des valets de ville, pour recevoir le serment de la troupe patriotique et de sesofficiers. Les consuls, à leur entrée dans l'église, reçurent le pain bénit des mains de M. Pelauque, et, après la messe, se placèrent au milieu de la troupe rangée sur la place du village. L'étendard était déployé; lecture fut faite du serinent prescrit par le décret du 10 août 1789, et les soldats, la droite levée au ciel, jurèrent à Dieu, entre les mains dé leur commandant, de bien et fidèlement servir pour le maintien de la paix, pour la défense des citoyens contre les perturbateurs du repos public, et d'être fidèles à la nation, au roi et à la loi. Les officiers, à leur tour, prêtèrent serment à la nation, à la loi et au roi et jurèrent de ne jamais employer ceux qui étaient sous leurs ordres contre les citoyens, si ce n'est sur la réquisition des officiers civils ou municipaux. Les officiers de la troupe patriotique de Vicnau étaient MM. de Molier, commandant, Derenx, capitaine, et Derenx," lieutenant.
Chacun sait, hélas! ce que produisirent ces Etals Généraux dont le but était de« proposer, remontrer, aviser et consentir tout ce qui peut concerner les besoins de l'Etat, la réforme des abus, l'établissement d'un ordre fixe et durable dans toutes les parties de l'administration, la prospérité généralle du royaume et le bien de tous et de chacun des sujets du roy.
» Tout ce qui avait été modifié fut renversé; les anciennes provinces perdirent leur autonomie et leur nom; la Gascogne devint le département d'Armagnac ou du Gers; plusieurs municipalités disparurent et d'autres voulurent naître à la vie civile. La paroisse de Lialores, qui, de tout temps, avait dépendu de la juridiction de Condom, voulut s'ériger en commune indépendante pour la formation du rôle d'imposition, et le 1er juin 1790, les administrateurs condomois prirent une délibération longuement motivée pour s'opposer à ce démembrement.

 

L'église

L'église de Saint-Martin de Plieux était construite dans la partie méridionale de la paroisse de Vicnau, sur la gauche du chemin de Condom à Francescas et non loin de l'ancienne métairie de Lauroué. La porte s'ouvrait au levant près du sol du chemin, et l'autel principal se trouvait au couchant. A droite, près du choeur, était une chapelle placée sous le patronage des seigneurs de Beauregard et voûtée, comme l'église elle-même, en pierre détaille, dans le style roman. La sacristie était placée à sa gauche et le cimetière l'entourait.

Une statue du Christ du 15ième siècle se trouve aujourd'hui (1981) dans l'église paroissale à Miramont-d'Astarac (Gers).

Description de l'église.

EXTÉRIEUR.
— Les murs de l'église de Vicnau sont construits avec deux appareils réguliers et de dimensions différentes. Le petit appareil, formé de pierres cubiques, mesurant dix centimètres de carré, a été seul employé jusqu'à une hauteur de trois mètres au-dessus du sol; comme ce mode a disparu presque entièrement après le xe siècle, il est permis de dire que la partie inférieure de l'église est antérieure à cette époque. Elle remonterait donc à la période romane primitive, ou serait même peut-être, quoique dénuée de l'interposition ordinaire de chaîne de briques, un reste de bâtiment gallo-romain dont la destination première nous est inconnue. Au-dessus du petit appareil, on trouve l'appareil moyen de pierres carrées de 25 centimètres, d'une date postérieure. Il n'y apparaît aucune marque de tâcheron; du reste, ces marques ne se rencontrent dans nos pays que sur quelques monuments bâtis depuis la seconde moitié du XIième siècle, et nous croyons que l'église de Vicnau, prise dans son ensemble, date au plus tard des premières années du XIe siècle. Mais à raison même de leur vétusté, les murs, qui ne supportaient d'ailleurs ni dessins, ni moulures, ni inscriptions, ni écussons, ont dû être, depuis longues années, préservés de l'intempérie des saisons par une couche épaisse de maçonnerie de chaux et de sable, qui leur a complètement enlevé leur cachet primitif.
Le bâtiment est orienté du levant au couchant; on y entre au midi par une porte sans caractère architectonique, abritée par un porche en forme d'appentis, qui se compose d'un toit appuyé sur le mur de l'église, in'cliné en avant et soutenu par des piliers, qui reposent eux-mêmes sur une banquette de pierre de taille. A quelques mètres et en avant de cette porte se trouve l'entrée du cimetière dont le niveau est plus élevé que celui du sol voisin, ce qui entretient de ce côté de l'église une humidité d'autant plus pénétrante que les eaux de la toiture, n'étant pas colligées par un chenal,
filtrent à travers les murs sur une longueur de 14 mètres. La sacristie est placée au levant, derrière le clocher; au nord et au couchant, l'église fait corps avec les bâtiments qui constituaient avant 1795 l'ancien presbytère paroissial.
Le clocher se compose d'une tour rectangulaire bâtie en appareil moyen, aujourd'hui crépi comme le reste de l'église, d'une hauteur actuelle de 9 m. 20 centim. sur une largeur de 4 m'. 55 et une profondeur de 6 m. 65. Cette lotir était jadis plus élevée, s'il faut en croire la tradition, corroborée par l'aspect même des pierres sur lesquelles s'appuie une charpente en bâtière dont les rampants se dirigent au nord et au midi. C'est sous cette charpente qûéles cloches étaient placées au siècle dèïniër; mais leur son ne pouvant se répandre assez loin faute d'ouvertures suffisantes pour lui donner passage, on a construit, il'y a une-cinquantaine d'années environ, sur le mur du couchant de la tour, un clocher triangulaire, dans Faire duquel ont été ménagées trois arcades ou baies romanes. L'une d'elles abrite la cloche unique et moderne de l'église. On y arrive par un'escalier extérieur bâti en pierre et muni d'Utie rampe en fer, lequel, s'encastrant dans les murs delà tour, la contourne à son angle sud-est et conduit aux combles en passant au-dessus du toit de la sacristie. Du sommet de cet escalier, on voit les deux contreforts élevés aux angles nord-ouest et sud-ouest de la tour afin d'arrêter la poussée des murs provoquée par l'ouverture de l'arceau qui met en communication directe l'église et le choeur placé dans l'étage inférieur de cette tour.

 

INTÉRIEUR.—:
La porte du midi, dont nous avons parlé plus haut, donne seule accès dans l'église, dont la forme est
celle d'un rectangle qui se prolonge de l'orient à l'occident.
Elle n'a qu'une seule rief et mesure 15 m. 65 de long sur 6m. 05 de large.' Sa hauteur, mesurée du soldalléen pierres aux lambris tenant lieu de voûte, est de 7 ni. 25. Ces lambris en menuiserie présentent une surface plane et se relient aux murs latéraux par une corniche concave, à l'angle sudouest de laquelle nous avons retrouvé la date de leur établissement.
Elle est écrite au crayon, en gros caractères, et est ainsi conçue : Jésus Maria Joseph. Fait par Etienne Bouchet et Jéân Roumat, charpentiers à Moncrabeau 1755. Rien n'indique dans les combles l'existence antérieure d'une voûte de pierre ou de briques; il est donc raisonnable de supposer que les lambris actuels en ont remplacé d'autres plus anciens, dont l'usage était antérieur, dans beaucoup d'églises, à la construction dés voûtes.
La monotonie'des mûrs enduits d'un badigeon blanc n'est rompue que par quelques toiles sans valeur au nombre de huit. La peinture en est mauvaise et les couleurs sont effacées par la moisissure. Deux de ces tableaux méritent cependant d'être signalés, non à cause de leur mérite artistique, mais parce qu'ils portent avec eux le souvenir de ceux qui les ont donnés. Le premier, appliqué sur le mur du midi, contient à sa partie inférieure et à gauche l'inscription suivante, rongée par le temps :
Chrislo înfanti. V. D. C. — Selecli Humanïst. —
Lud. de Gombaull — Jos. Dubernet — Joan* Lagutère —
Pelrus Bourgade — Joan. Cazaux — Jos. Mauras —
Jul. Darmajan — Franc. André — Em. de Larligue. —
Il est permis de supposer que ce tableau, dont l'origine est inconnue, aura été donné à cette église, dans le courant du siècle dernier, par des élèves du collège de l'Oratoire de Condom, parmi les noms desquels nous remarquons celui de Joseph Dubernet, plus tard curé de Tressens et frère puîné de Jean Dubernet, curé de Vicnau de 1725 à 1754.
Le second de ces tableaux, placé au fond de l'église, est orné d'un écusson, sommé d'un casque avec ses lambrequins, qui peut se décrire ainsi : d'azur au chevron de sable accompagné à dextre d'une étoile d'or, à senestre d'un croissant d'or et au bas d'un lion d'or issanl. Il représente sans doute les armes du donateur, qui nous est inconnu.
Au-dessous de ce dernier tableau, une ouverture semicirculaire éclaire un enfoncement pratiqué dans l'épaisseur du mur qui servait de baptistère avant la suppression du titre paroissial de Vicnau. On y voit encore les fonts baptismaux consistant en une cuve caliciforme et octogonale en pierre, d'un diamètre de 0m66, établie sur un fût cylindrique qui repose sur une base carrée, de sorte que le calice forme le chapiteau de cette colonne surbaissée.
Sur le mur de droite existe une fenêtre romane de lm50 de haut sur Om40 de large. Elle paraît, par sa forme et ses dimensions, assez caractéristique du XIe ou du XIIe siècle.
C'est à la place occupée par cette fenêtre que noble Philippe de Vigier, sieur du Cause, avait eu, dans le courant du xvue siècle, l'intention de construire une chapelle qui aurait fait le parallèle de celle que nous décrirons ci-dessous. Jean d'Estrade, évêque de Condom, lui accorda, le 19 mai 1657, l'autorisation nécessaire, sur l'avis conforme de Jacques de Lauriac, chanoine de Saint-Pierre, en date du 22 avril précédent.
Nous ignorons pour quelle cause Philippe de Vigier n'exécuta point son projet, qui aurait donné à notre
église le caractère d'une croix latine.
Sur le mur de gauche est la chapelle dédiée autrefois à saint Joseph et aujourd'hui à la sainte Vierge, qui forme un corps avancé dans les bâtiments de l'ancien presbytère. Elle a pour unique ouverture l'arcade qui l'éclairé. Le sol en est carrelé depuis peu d'années; il s'élève de 0m 15 environ audessus de celui de l'église et en est séparé par une balustrade en fonte ornée de trèfles dorés et quadrifoliés. Elle est voûtée en pierre, mesure 5m de long sur 5m 65 de large et n'a qu'une seule travée formée par quatre arêtes saillantes, dominées à leur centre par une clef circulaire chargée de trois escarboucles d'or posées 2 et 1 sur un fond de gueules. La retombée de la voûte, haute de 5m 50 à son point central, est soutenue aux angles du mur terminal par deux colonnes engagées; des deux autres côtés elle repose, à 2m au-dessus du sol, sur deux consoles ovoïformes dont l'une est côtelée et l'autre ornée des coquilles de saint Jacques. L'autel en bois peint placé au levant est surmonté d'un tabernacle sur lequel se trouve une statue de la Vierge Mère en bois doré haute de 0m65. Elle est d'un travail grossier qui dénote l'enfance de
l'art et une haute antiquité.


CHOEUR.—
Un arceau semi-circulaire, mesurant 2m70 de large et percé dans le mur couchant de la tour, met en
communication l'église avec le choeur, dont elle est séparée par une balustrade enfer forgé d'un travail très ordinaire.
Ce choeur est rectangulaire et mesure 5m 42 sur 5m 23; sa voûte, haute de 6m 25, est romane, et il est éclairé au midi par une fenêtre du même style de lm 154 de haut sur Om40 de large.
Un autel moderne en marbre blanc élevé de deux marches, orné d'un rétable et d'un tabernacle de même matière, est orienté au levant. Il est adossé à un vaste contre-retable en chêne sculpté, dont l'entablement avec fronton triangulaire, chargea chacun de ses angles d'un vase renfermant des bouquets de fleurs, est soutenu par deux colonnes. De la base rectangulaire de ces colonnes émergent des chérubins et des bouquets de roses liées entre elles par des phylactères; audessus de cette base elles sont cannelées et surmontées de chapiteaux d'ordre corinthien. Au centre du tympan apparaît un chérubin en haut relief, et sur les lignes formées par les côtés les plus longs du triangle deux auges demi-couehôs tiennent des palmes dans la main droite. Le centre du contre- rélable est occupé par une toile de 2m 14 de haut sur 4m 70 de large représentant la mort de Notre-Seigneur sur la croix. La tête du Christ est penchée vers sa droite, et saint Pierre, patron de l'église de Vicnau, est agenouillé à ses pieds; il lève les yeux vers le Sauveur, tandis que, derrière lui et de l'autre côté de la croix, la Vierge et saint Jean sont debout dans l'attitude de la douleur. Cette toile, d'une exécution médiocre et qui ne porte ni date, ni nom d'auteur, est posée dans un cadre bonibé, sur lequel courent des rinceaux de feuilles de chêne. Ce cadre lui-même est appliqué sur un large bandeau orné de feuilles sculptées le reliant aux colonnes qui supportent l'entablement. L'ensemble de ce monument, remarquable par la richesse du dessin et la délicatesse des sculptures, ne mesure pas moins de 5m 10 de haut sur 3m 25 de large; il couvre tout le fond du choeur et rejoint les murs latéraux au moyen de deux panneaux en forme de modifions renversés. Celui de. gauche porte au centre un buste en bas-relief de N.-S.-J.-C, tandis que celui de droite est tronqué pour laisser libre la porte qui conduit du choeur à la sacristie.
Tel est sommairement ce morceau d'ornementation sculpturale, dont le type nous est venu d'Italie avec les deux reines de la maison de Médicis, et qui, sans être irréprochable au point de vue de l'art, peut être considéré comme une rareté curieuse, pour ne pas dire unique, dans une pauvre église de campagne.


Le Cimetière.
Nous avons déjà dit que le cimetière de Vicnau longe l'église du côté du midi. Il ne contient ni lanternes sépulcrales, ni oratoire, et aucune légende ne s'y rattache. La quantité considérable d'ossements trouvés en dehors de son périmètre actuel et presque au niveau du sol prouve qu'autrefois sa superficie était plus étendue qu'aujourd'hui. Le banc de rochers sur lequel il est situé, et qui forme son soûs-sol, ne permet pas de creuser les fosses à la profondeur légale, et il en résulte parfois des exhalaisons qui ne sont pas sans danger pour la santé publique. Tout autour du cimetière et dans les champs environnant l'église, des fouilles ont révélé l'existence de nombreux sarcophages enfouis à une très légère profondeur et rangés sur deux lignes à peu près régulières. Le soc de la charrue heurte parfois leur couvercle. L'un d'entre eux très apparent, occupe le centre de la place, publique. Les habitants de Vicnau évaluent à deux cents environ le nombre des sarcophages qui ont été découverts, et ils ajoutent que les agents des ponts et chaussées, qui en avaient trouvé une quantité considérable dans les déblais qu'ils furent obligés de faire afin d'établir le niveau du chemin de Vicnau à Parsabeau, les ont brisés pour en paver la chaussée. Ils renfermaient des ossements appartenant à plusieurs corps; l'un d'entre eux contenait trois têtes en assez bon état de conservation. Or, comme ils n'ont qu'un seul compartiment, ils ont dû servir à plusieurs inhumations successives. Ceux que nous avons vus sont dénués d'inscriptions, de sculpture et de tout objet pouvant nous fixer sur la date de leur construction. À défaut d'indication précise, nous ferons remonter les plus anciens à la première période de l'ère romane primitive, c'est-à-dire aux époques mérovingienne ou carolingienne. D'autres, qui paraissent plus modernes et ne remonter qu'au XIIe siècle, renferment un espace circulaire destiné à recevoir la tête. Ils sont orientés de telle sorte que les pieds des morts étaient tournés à l'est.
Ceux que nous avons examinés ont une longueur de 2m 15 hors oeuvre et de lm 95 dans oeuvre, sur une
largeur de 0m 80 dans le haut hors oeuvre et de 0m 50 dans le bas, sur une profondeur de 0m 40. Certains de ces sarcophages sont creusés dans le roc, de telle sorte que le couvercle seufest mobile; d'autres sont détachés du roc et faits avec une pierre du pays. Il en existe enfin une troisième catégorie relativement à laquelle nous ne pouvons dire s'ils ont été faits sur place ou transportés, mais il est certain qu'ils sont formés d'un calcaire jaunâtre et friable dont on ne connaît pas la carrière dans les environs du village de Vicnau. Les couvercles destinés à clore l'ouverture de ces tombeaux sont tantôt monolithes et tantôt composés de plusieurs morceaux. Ils sont formés de deux ou de quatre pans (L'intérieur de quelques-uns de ces tombeaux présente au centre une ligne ondulée, de telle sorte que leur profondeur est, du côté de la tête, de 0m35, au centre de 0" 40 et aux pieds de 0° 20) tectiformes, inclinés sur les faces du sarcophage, taillés verticalement, égaux et semblables deux à deux.Leur hauteur est de 0m 26, et les plus étendus mesurent en longueur 2m 15.
Le mode, de sépulture dont nous venons de décrire un spécimen était très commun du IVe au IXe siècle, et la présence d'aussi nombreux témoins de ces siècles reculés autour de l'église de Vicnau est une preuve irrécusable de son existence dans les premières années du moyen âge.
AM. PLIEUX. CHRONIQUE.

Les bienfaiteurs de l'église de Vicnau

Ainsi que nous l'avons déjà dit au début de cette étude, nécessairement fort incomplète, il nous est impossible de retrouver les noms des fondateurs de l'église de Vicnau et de raconter sa fondation. Les documents publics et privés nous manquent à cet égard; nous nous bornerons donc à analyser les dons qui, à diverses époques, ont été faits à cette église, en suivant l'ordre chronologique de ses bienfaiteurs connus.
Le premier est Arnaud-Guillem de Gensac, bourgeois de Condom, marié à Miramonde de Boulet et qui fut père de Peyronnet de Gensac et de Marguerite, mariée au commencement du XVIe siècle à Guillaume de Castillon, licencié-èsdroits, lieutenant du sénéchal d'Agenais et Gascogne au siège de Condom. II fit, le 3 mars 1518, un testament latin comprenant 27 pages d'une écriture" serrée, qui contient une quantité considérable de legs pies. Nous remarquons entr'autres le don fait à la cure de Vicnau et de Saint-Martin de Plieux, son annexe, du domaine de Lartigau, qu'il avait acheté à Bernard de Sainte-Germaine. Ce domaine confrontait à terres d'Argenton, de Jehannot de Pérès et à chemin public allant de Lialores à Larroumieu et se composait de trois concades.
Il y ajouta une autre pièce de terre contenant une concade, cotée 12 livre d'alivrement, sise dans la paroisse de Saint-Martin de Plieux, dite à las Boubées, confrontant à chemin public de Condom à Francescas et à Raymond Ducomet, et un franc bordelais de rente annuelle que Pierre Sénat, de Lialores, était tenu de lui payer suivant un acte public retenu par Jean de Broca, notaire de Condom. Ces diverses donations furent faites à la condition que le curé actuel de Vicnau et ses successeurs à l'avenir célébreraient tous les ans une messe de mort pour le bienfaiteur et pour le repos de l'âme de ses parents, à l'intention desquels « il était, dit-il,» obligé de prier tous les dimanches. »
Le testament d'Arnaud-Guillem de Gensac contient, en outre, des donations considérables faites à l'église de Saint Jean de Pujols; aux bassins du Corps du Christ, delà SainteVierge, de Saint-Sébastien et du Purgatoire, dans la cathédrale de Saint-Pierre; aux églises de Saint-Barthélémy, de Saint-Jacques, de Saint-Michel, de Saint-Jean et de SainleEulalie, et aux quatre hôpitaux de la ville, aux religieux de Saint-Pierre, aux prêtres séculiers, aux Carmes, aux Frères Prêcheurs, aux Frères Mineurs, aux religieuses dominicaines de Prouillan, aux soeurs minorettes de Condom et aux Augustins deMèzin. Arn.-G. de Gensac fonda et renta aussi plusieurs chapellenies..à Condom et à Francescas. Il fut enseveli dans la chapelle de Sainte-Anne, de l'église cathédrale de Condom.
Jean Pierre de Goth de St. Agnan fut enseveli le 23 août 1622 dans l'église de St. Martin de Plieux, près Vicnau.
Jean de Goût de Saint-Agnan, seigneur de Benauville, dans le comté de Salm, en Lorraine, et de Beauregard, en Condomois, s'était marié le 26 avril 1691 avec Catherine de Mus, fille de noble Pierre de Mus, seigneur de Benauville.
Elle était veuve de Jean de Renau, lieutenant-capitaine au régiment de Rohan, et avait eu de son premier mariage un fils qui devint, dans la suite, lieutenant-général au service de l'Allemagne. Jean du Goût avait longtemps servi dans les armées du roi en qualité de lieutenant au régiment du prince Camille de Lorraine; il devint plus tard commandant du bourg de Martin ou Mariera, dans la basse Alsace.
Par son testament du 10 février 1753, il léguait aux curés de Vicnau un capital de 1,000 livres dont l'intérêt-devait être employé à payer les honoraires de vingt messes basses et de la récitation par quinzaine d'un de profundis sur la tombe de sa famille dans l'église de Saint-Martin de Plieux. Cette somme de 1,000 livres fut, conformément aux intentions du testateur, prélevée sur celle de 4,500 livres qui lui était due par M. et MracDerenx deMothes, suivant contrat du 14 décembre 1728. Outre ces revenus, provenant de dons particuliers et grevés d'obligations au bénéfice des âmes des trépassés, les curés de Vicnau percevaient la dîme dans l'étendue de leur paroisse et y jouissaient en propre d'une certaine quantité de biensfonds, que le cadastre de 1735 fixe à 11 cartelades 3 cartons 2 escats. D'autres bènéflciers y possédaient aussi des immeubles ruraux. Parmi eux nous pouvons citer les marguilliers, inscrits en 1787 pour 1 quarton 56 escats de terres labourables; les religieuses de Prouillan, pour 5 cartelades 6 escats de bois taillis; les dominicains de Condom, pour 9 cartelades de terres arables, et Joseph Daleman, prieur et seigneur de Lannes, pour une pièce de terre et une vigne qu'il affermait le 12 mai 1701 à noble Jean Marie de Molier,
moyennant la rétribution annuelle et perpétuelle de 6 sols 3 deniers, payable à la Grange de Lannes le jour de là Toussaint.
Le dernier bienfaiteur de l'église de Vicnau depuis qu'elle a perdu son titre paroissial est M. Pierre-Marie-Basile Plieux, né à Condom, le 2 février 1771, et décédé à Plieux, le 27 février 1857. Il fit, le 30 juin 1855, ses dispositions de dernière volonté dans les termes suivants :
« Je donne et lègue à l'église de Vicnau, située dans la commune de Condom, une somme de deux mille francs, à la charge de faire dire tous les ans, dans cette église, six messes basses pour le repos de mon âme, et d'employer ce qui restera sur les intérêts de cette somme, après le paiement de ces messes, à l'entretien et à la réparation de ladite église. Dans le cas où il viendrait à arriver quelque avarie à l'église de Vicnau ou que des réparations importantes ou urgentes y devinssent nécessaires, je consens à ce que l'on prenne sur les deux mille francs ci-dessus mille francs pour faire ces réparations. »
Le dernier bienfaiteur de l'église de Vicnau depuis qu'elle a perdu son titre paroissial est M. Pierre-Marie-Basile Plieux, né à Condom, le 2 février 1771, et décédé à Plieux, le 27 février 1857. Il fit, le 30 juin 1855, ses dispositions de dernière volonté dans les termes suivants :
« Je donne et lègue à l'église de Vicnau, située dans la commune de Condom, une somme de deux mille francs, à la charge de faire dire tous les ans, dans cette église, sis messes basses pour, le repos de mon âme, et d'employer ce qui restera sur les intérêts de cette somme, après le paiement de ces messes, à l'entretien et à la réparation de ladite église. Dans le cas où il viendrait à arriver quelque avarie à l'église de Vicnau ou que des réparations importantes ou urgentes y devinssent nécessaires, je consens à ce que l'on prenne sur les deux mille francs ci-dessus mille francs pour faire ces réparations.»


L'ÉGLISE DE SAINT-MARTIN d'Ostelhes, des Estouillas ou de Plieux (l'annexe de l'église de Vicnau) était certainement fort ancienne, quoique nous ne puissions préciser l'époque de sa fondation. Sa qualité d'église secondaire ou d'annexé fait qu'il est rarement question d'elle dans les actes publics, ceux-ci ne relatant d'ordinaire que le chef-lieu paroissial. Cependant elle est mentionnée dans quelques documents sous les trois dénominations ci-dessus rapportées. Et d'abord, quelle peut ętre l'origine et l'étymologie de ces dénominations accessoires ? Peut-ętre le nom d''Ostelhes, qui semble dérivé d'Ost-(armée), fut-il appliqué à l'église de Saint-Martin en souvenir de quelque bataille inconnue ou d'un campement de troupes qui eurent lieu jadis sur son emplacement? Le nom de son protecteur militaire et la quantité considérable d'ossements humains et de chevaux entassés, plutôt que symétriquement enterrés, qui a été trouvée dans les champs, jusqu'à plus de deux cents mètres des limites de son ancien cimetière, nous confirment dans cette opinion.—Le nom des Estouillas (s'il n'est pas une corruption A'Oslelhas) s'explique naturellement par la présence autour de l'église de champs de blé coupé et réduit à l'état de chaumes; ou bien encore parce que l'église elle-męme aurait été construite sur un chaume.
Enfin, la dénomination de Plieux lui vient de ce qu'elle était bâtie sur le terrain mouvant de cette ancienne seigneurie, dont les titres en notre possession remontent à la fin du XIIIe siècle. C'est toujours sous le nom de Plieux que l'église de Saint-Martin lut officiellement connue, ainsi que le prouvent les livres de catholicité tenus par les curés de Vicnau et plusieurs actes publics, dont le premier à notre connaissance porte la date du 6 mai 1465. C'est le titre d'inféodation d'une pièce de terre consentie par le seigneur de Beauregard de Pierre, habitant des bordes de Laone, et sa reconnaissance par le feudataire l'église de Saint-Martin de Plieux était construite dans la partie méridionale de la paroisse de Vicnau, sur la gauche du chemin de Condom à Francescas et non loin de l'ancienne métairie de Lauroué. La porte s'ouvrait au levant près du sol du chemin, et l'autel principal se trouvait au couchant. A droite, près du choeur, était une chapelle placée sous le patronage des seigneurs de Beauregard et voûtée, comme l'église elle-męme, en pierre détaille, clans le style roman. La sacristie était placée à sa gauche et le cimetière l'entourait.
L'annexe de Saint-Martin avait été établie, comme toutes les anciennes succursales, à raison de la trop grande étendue de la paroisse et pour faciliter aux fidèles les moyens d'assister au service divin. C'est de sa création que naquit probablement la nécessité de faire aider le curé par un vicaire, à l'entretien duquel le curé lui-męme, et, à son défaut, les gros décimateurs étaient tenus de pourvoir, conformément aux dispositions du Concile de Trente.
Il est permis de supposer aussi qu'avant l'institution d'un vicaire en titre, l'église de Saint-Martin était desservie par un de ces prêtres qui vivaient, au nombre de cinq ou six, dans chaque paroisse, s'il faut en croire le procès-verbal de la visite des églises faite en 1519 par l'archidiacre de l'évèque Jean Marre. « C'est sans doute ce nombre considérable de prêtres, dit le promoteur Lagutčre dans ses Mémoires, qui donna lieu à la bâtisse de tant de chapelles dans le détroit de chaque cure, faites pour la commodité du service des paroissiens et auxquelles on a donné depuis le nom d'annexés. Elles rendent le diocèse très difficile à servir, el ont donné lieu au bis in die, ne s'y trouvant pour le présent ni nombre de prêtres ni de quoi les entretenir. »
Cette annexe comptait parmi ses bienfaiteurs les du Puy, les Bezolles, les d'Aurenx, les d'Arbisse et les Faudoas, qui furent successivement seigneurs de Plieux, et les seigneurs de Beauregard, parmi lesquels nous distinguons Jeau-Pierre du Goût de Saint-Agnan qui y fut enseveli le 23 aoűt 1622.
Les dîmes de Saint-Martin produisaient en 1647 la somme de 420 livres, payables par moitié à Pâques et à Toussaint, et 12 sacs d'avoine, qui devaient ętre engrangés clans les greniers épiscopaux vers la fête de Notre-Dame d'août.
Le culte divin n'a plus été célébré dans cette église depuis la Révolution. A cette époque, ainsi que nous l'avons déjàŕ dit, les cloches et les vases sacrés qui l'ornaient furent saisis ou dispersés. Elle ne fut cependant démolie que vers 1840, et ses pierres servirent à paver le chemin actuel de Condom à Francescas sur une longueur de 800 mètres.
Il ne reste plus rien aujourd'hui de cette ancienne construction; son emplacement et celui du cimetière appartiennent depuis 1860 à M. Cortade de Moussaron, qui les entoure du plus profond respect en ne permettant pas qu'ils soient livrés à la culture agricole. Grâce à lui, les cendres, des fidèles reposent en paix sur ce coteau solitaire, à l'ombre des arbres dont les racines enserrent leurs tombes, et près de la source àŕ laquelle une pieuse tradition reconnaissait le pouvoir de guérir les yeux malades. (Revue de Gascogne 1882)

L'ORATOIRE dédié à SAINT-AVIT, bâti en face du hameau de Lasbadies, n'existe plus aujourd'hui.
Il avait une porte unique au couchant, sur le chemin actuel de Condom à Francescas,et était bordé parmi cimetière du côté du nord. Le dénombrement fait dans le cours du XVIe siècle, par les consuls de Condom, des terres dépendant de leur juridiction, mentionne les paroisses suivantes : Saint-Orens, Notre-Dame de Bordères, Saint-Suplice de Camisals, Cornillières, Macquin, Mous, Caussens, La Courtade,La Cappe, Caulazon, Cieurac, SaintSuplice, Rapolha, Le Pontardon, Vicnau, Saint-Avit, Lialores, Cannes, Espiassac, Sarrazan, Escrimis, Grazimis, Le Poumaro, Goualard, Larressingle, Couchet, Mouret et Saint-Caprais de Filhet.
Il résulte de cette pièce (si le contenu est exact, ce qui est douteux) que Saint-Avit était une paroisse qui ne tarda pas à être supprimée, puisque les pouillés de 1604 et de 1648 ne la désignent ni comme chef-lieu cle cure, ni comme annexe. Ce n'était plus au moment de la Révolution qu'un lieu de dévotion et de pieux rendez-vous à certains jours de l'année, comme il s'en trouve encore dans les Pyrénées et à Baillasbats, dans la paroisse de Simorre. M. Pelauque, dernier curé de Vicnau, allait quelquefois y célébrer la messe, sans que le service divin y fût toutefois régulièrement organisé. L'oratoire de Saint-Avit, saisi lors des célébration du culte et devenu propriété communale, est démoli depuis 1820, au dire des vieillards. Le terrain sur lequel il était bâti et celui du cimetière appartiennent en 1880 à M. le vicomte de Castillon, qui a fixé le souvenir de ces lieux consacrés en y érigeant deux croix, sur le socle desquelles on lit : Ancienne église de Saint-Avit — Ancien cimetière de Saint-Avit.

 

LA CHAPELLE DU CHÂTEAU DE BEAUREGARD fut bâtie par noble Elysée du Goűt, seigneur de Saint-Agnan et de Beauregard, lieutenant de la mestre de camp du régiment de cavalerie de Lavalette, pensionnaire du roi, et marié à Frise du Saget de Salles. Il était fils de Jean-Pierre du Goűt, seigneur de La Roque Saint-Agnan, et de Marguerite du Thuzo, issue elle même d'Arnaud du Thuzo, écuyer, seigneur de Beauregard, capitaine au régiment du baron d'Allemans de Boisse, et d'Olympe Imbert.
L'héritière des du Thuzo porta ainsi le domaine de Beauregard dans la famille de Saint-Agnan.
Elysée du Goűt, autorisé par ordonnance du 4 juillet 1693, signée de M. de Matignon, évèque de Condom, à construire la chapelle de son château, la munit des objets et ornements nécessaires à la célébration du culte. Elle fut visitée le 8 juin 1694 par MM. Duquesne et Ducasse, vicaires généraux de M. Louis de Milon, et fut trouvée par eux « dans Testât et décence requises.» Ils commirent Bernard Carrère, curé de Vicnau, pour en faire la bénédiction, à la charge toutefois par le fondateur « d'entretenir ladite chapelle en bonne réparation et d'envoyer ses métayers et domestiques à l'église paroissiale les jours de dimanche pour y entendre la saincte messe, le prône et autres instructions nécessaires à salut, à la réserve de ceux qui seront notablement indisposés qui pourront l'entendre dans laditte chapelle; à condition aussy qu'il n'y faira célébrer aucune messe dans les jours des festes solemnelles n'y par aucun prestre passant ou inconnu sans une permission par escrit, et qu'il remettra dans quinzaine par devers le secrétaire de l'évésché une copie en bonne et deue forme de la fondation et dottation qu'il a faicte pour l'entretien de laditte chapelle, le tout sur peine d'interdiction d'icelle.
» Les obligations imposées à Elysée du Goűt furent certainement remplies, puisque les offices divins furent célébrés dans la chapelle de Beauregard par les curés de Vicnau, concurremment avec les religieux des divers couvents de Condom, ainsi qu'il conste des quittances émanées des gardiens, syndics et pères spirituels des carmes, des capucins et des cordeliers.
Frize du Saget de Salles laissa par testament du 17 mai 1702 au curé de Vicnau et à ses successeurs une somme de cent livres, dont le revenu devait ętre employé à faire dire des messes pour elle dans la chapelle, où elle fut ensevelie à côté de son mari et d'Anne du Goul, sa belle-soeur. De son côté, Elysée du Goűt testa le 16 janvier 1710 et donna à l'église de Vicnau trois cartelades de terre, dont les curés de celte paroisse devaient percevoir le revenu, à la charge par eux de célébrer à perpétuité sept messes de Notre-Dame dans l'oratoire seigneurial de Beauregard. Cependant, la famille du Goűt de Saint-Agnan s'étant éteinte en 1733 par le décès sans postérité de Jean du Goűt, dernier frère d'Elysée, Marie de Lauriac héritière du domaine de Beauregard, le porta dans la famille Bégué-Plieux. La destination de l'oratoire fut alors changée par suite de circonstances qui nous sont inconnues, et Jean Dubernet, curé de Vicnau, adressa, le 20 janvier 1744, à M. de Cossé-Brissac, alors évêque de Condom, une requête dans laquelle il sollicitait de ce prélat l'autorisation de remplir les intentions d'Elysée du Goűt dans son église paroissiale. M. de Saint-Paul, vicaire-général, acquies ça à cette demande le 25 janvier de la męme année, et depuis lors le culte ne fut plus célébré dans la chapelle de Beauregard, qui est aujourd'hui détruite.

Le Château:
Le château de Plieux, dans la section de Lialores, comprend une construction moderne, sans étage, encadrant un donjon féodal de proportions considérable. Percé d'étroites meurtières, un étage avait été transformé en chapelle, aujiurd'hui détruite.
La famille de Plieux était propriétaire du château de 1650 à 1948.
Le Juge Amable Plieux, membre de la Société Historique de Gascogne, est aussi l'auteur de plusieurs ouvrages très éstimés.


Vous trouveriez ici plus de détails sur l'histoire du château et ses propriétaires


 retour top

Mentions legales | Liens | Accueil |Plan du Site
e-mail Mairie de Francescas 2010 -
Tous droits reserves
Conception et maintenance
: e-kommunikation.com